Pékin à sens unique : l'odorat

Publié le 20 Mai 2013

Pekin ne sent pas le propre ni le frais. Plutôt le contraire : il en émane une odeur poisseuse de crasse et de poussière, celle de la terre constament remuée par les travaux à tous les coins de la ville.

Après voir été anesthésiées par le froid de l'hiver, avec l'arrivée des beaux jour, les senteurs sont exacerbées par la chaleur. En arrivant dans le centre par le métro, on passe des odeurs de transpirations dans les wagons à celle des gaz d’échapement des voitures. Cela me coupe la respiration à chaque fois je sors dans la rue puis je m'habitue et elle s'atténue.

Suivant le chemin parcourut et l'heure de la journée, vient s'ajouter l'odeur lourde et épicée de l'encens qui se consume dans les temples. Celle qui s'échappent des restaurants et des échoppes ambulantes : tofu fermenté dans de la sauce épicée (certains disent qu'elle sent le chien mouillé ou les pieds) ; ail, piment, gingembre qui frient dans le wok pour parfumer l'huile avant de faire sauter la viande et les légumes ; ... des combinaisons d'ingredients qui mettent l'eau à la bouche ou qui coupent l'appétit selon les gouts. En passant le long des cours d'eau dans lesquelles croupissent des ferrailles et des déchets de toutes sortes, on a la gorge piquée par des relents de décomposition acides et âcres. Les plus agréables et les plus furtives sont celles, dans les parcs, de la glycine, du lilas et des pivoines.

Avant se partir, feuilleter des magazines et surfer sur Internet m’avaient donné une petite idée des images que j’allais rencontrer sur place. Par contre je ne mettais pas préparée à ce que j'allais humer : dans certaines villes on se met des oeillères pour ne pas voir la pauvreté ; ici, on porte un masque sur le nez pour ne pas sentir la démesure de l'homme.

Pékin à sens unique : l'odorat

Rédigé par Marion Loquais

Publié dans #vie quotidienne

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